Ivakkak
Compte rendu InformationRétrospectiveSalle de la presseCommanditairesContact
EnglishLiensVisitez notre galerie de photos
Célébrons la culture inuite - Encourageons la pratique traditionnelle du traîneau à chiens et le retour des chiens husky inuits pure race au Nunavik
LA TRADITION

Ivakkak : Le retour des chiens inuits

Les chiens inuits de race pure étaient presque disparus du Nunavik; aujourd'hui, les gens se déplacent la plupart temps à motoneige. Néanmoins, les souvenirs de ce temps passé, alors que les chiens étaient les compagnons les plus fidèles de l'homme, sont toujours bien vivants à la mémoire des Inuits. Dans un effort pour ramener les chiens dans la région, la Société Makivik, un organisme représentant les Inuits du Nunavik, a décidé d'organiser une course de traîneaux à chiens qui passerait par plusieurs communautés. En 2001, grâce au soutien d'autres organismes nordiques, la course de traîneaux à chiens Ivakkak était née. C'est M. Johnny Watt, gouverneur du Nunavik et ancien conducteur d'attelage de chiens, qui a donné le nom à la course. Ivakkak est un mot en inuttitut qui signifie " le rythme de croisière des chiens ". La première course Ivakkak a eu lieu sur la côte de la baie d'Hudson, d'Umiujaq à Puvirnituq, en passant par Inukjuak.

Le matin du départ, l'enthousiasme déferlait sur la banquise, où tous les résidants de la communauté d'Umiujaq et d'autres spectateurs s'étaient rassemblés pour vivre ce moment historique. Les enfants et les adolescents en pleine euphorie pouvaient enfin voir se concrétiser sous leurs yeux les nombreuses histoires que leur racontaient leurs grands-pères. Transportés d'admiration, ils ont observé les conducteurs d'attelage de chiens se préparer à entreprendre ce merveilleux voyage, songeant déjà au jour où ils partiront eux aussi à l'aventure. La course n'était pas encore commencée que déjà la Société Makivik avait déjà atteint son objectif : peut-être qu'un jour ces enfants auront envie de constituer leur propre attelage de chiens et ramèneront ainsi dans la vie moderne des Inuits une tradition millénaire.

Tous en ligne, en attente du signal de départ, 82 chiens tirent sur le lien qui les retient en sautant et en jappant tellement ils étaient impatients de partir. Le départ est lancé: "À vos marques, prêts, partez!" Uit, uit! Au moment où les neuf attelages de chiens se sont élancés pour quitter le village en formant un seul et même cortège sous un ciel d'azur, nombreux sont ceux qui se sont rappelé avec amertume le jour où leurs propres chiens avaient été tués. Toutefois, les chiens sont de retour, les hommes qui sont partis avec leur qimutsik ont redonné au peuple inuit sa dignité.

Le trajet de la course suit le chemin qu'empruntaient autrefois les conducteurs d'attelage de chiens embauchés par la Compagnie de la baie d'Hudson pour livrer le courrier entre les communautés nordiques et le Sud. Il s'agissait, pour les coureurs qui participaient à cette course contre le temps, d'une sorte de pèlerinage sur le sentier de leurs ancêtres. La compétition n'était en fait qu'un prétexte : la plupart des coureurs étaient tout simplement heureux de pouvoir prendre part à une telle aventure tout en partageant avec d'autres leur passion du traîneau à chiens.

Comme seuls les Inuits du Nunavik avaient le privilège de participer à la toute première course, les activités quotidiennes sont devenues une réelle célébration de leur culture. Parcourant en moyenne une quarantaine de milles par jour, les coureurs, qui avaient passé la plupart de la journée seuls avec leur attelage de chiens, étaient bien heureux de se retrouver entre amis autour d'une tasse de thé bien chaude. Grâce à leur équipe de soutien qui prenait les devants à motoneige, les coureurs n'avaient pas à monter le campement ni à installer les chaînes pour les chiens. Ils trouvaient même souvent à leur arrivée de la viande de gibier ou du poisson frais à se mettre sous la dent, car les membres de l'équipage avaient pu chasser ou pêcher en route. Les coureurs passaient ensuite la soirée à prendre soin de leurs chiens, à faire des ajustements aux patins de leur traîneau, à vérifier et à réparer leur équipement. Certains trouvaient même le temps de sculpter la stéatite. À la tombée de la nuit, ils se rassemblaient dans une tente et passaient leur journée en revue tout en planifiant le jour suivant. À l'exception des motoneiges, des poêles Coleman et d'autres articles modernes que les Inuits ont adoptés au fil des ans, la vie dans la nature n'avait pas changé. Les Inuits ont trouvé dans ces grands espaces une tranquillité d'esprit qui leur a permis de se ressourcer. Ils s'endormaient ensuite paisiblement au son des hurlements des chiens, heureux que leur culture soit encore bien vivante.

Puis les attelages de chiens ont traversé Inukjuak et atteint Puvirnituq. On pouvait voir les sourires radieux illuminer les visages des spectateurs qui entouraient les chiens et leur maître, célébrant ainsi avec vigueur la culture inuite. Lorsque Tamusi Sivuaraapik, âgé de 60 ans, a franchi la ligne d'arrivée, après avoir parcouru une distance de 275 milles en une semaine, la fierté collective a atteint son apogée. Les Inuits ont su montrer que, peu importe si la vie change, leurs traditions, elles, ne disparaîtront jamais.

Accueil | wk4tg5 | English
Compte rendu | Information | Rétrospective | Salle de la presse | Commanditaires
Contact |  Galerie photos | Liens